mardi 29 novembre 2011

Amérindiens du Nord ( R)

Richard White - Le Middle Ground


Commentaires
A) Combien d’Indiens sur le territoire actuel des États Unis avant l’arrivée des Européens donc en 1492.

1) Selon certains auteurs
 
1890 - James Mooney : 1 million

1976 - Douglas H Ubelaker : 2,1 millions

1983 - Henry Dobyns, dans “Their number become thinned: native American population dynamics in eastern North America” : 10 millions sur le territoire des EU et 8 millions sur celui du Canada.

1987 - Russell Thornton: 5 millions en 1492 et moins de 0,5 millions en 1800

La cause principale de ce déclin catastrophique serait les maladies importées par les colons et contre lesquelles les indiens ne possédaient aucune immunité telles que la variole et la rougeole devenue une maladie mortelle. 

Synthèse
 
- En 1800.
Il y a un accord sur 600 000 indiens
 
- en 1890.
Il y a un accord sur 250,000 Indiens.
 

B) Combien d'Européens entre 1600 et 1800 aux États Unis?
 
La population européenne évolue normalement par apports de colons et par augmentation naturelle de 3 800 en 1610 à 5,3 millions en 1800.


Éthologie

1) C’est la maladie qui en Amérique du Nord comme en Amérique du Sud vient à bout de la population autochtone. Le Middle Ground qui se situe entre 1650 et 1815 concerne une population non européenne déclinante qui passe de 5 millions à moins de 2 millions au début de la période étudiée pour s’effondrer à 0,6 millions à sa fin. L’essentiel n’est donc pas l’histoire du Middle Ground mais l’histoire de la maladie qui décime une antique civilisation. Le vraie sujet n’est pas traité.

2) Si la maladie n'avait pas décimé quasiment tous les Indiens
 
Lorsque l'on veut écrire un livre, il faut savoir écrire des livres et faire partie d'un groupe d'humains dont c'est le moyen de trouver ses ressources de vie et ses ressources de reproduction. Il y a d'ailleurs un préalable fondamental: on ne peut écrire que dans la langue que l'on a appris et la grande majorité des écrivains le fait dans leur langue locale. Le résultat: les destinataires en majorité écrasante sont ceux qui connaissent cette langue.

De même que l'on ne devient agriculteur que dans un environnement d'agriculteurs et au milieu de champs, on ne devient écrivain que dans un milieu d'écrivains et dans un espace où le livre est un horizon habituel. Il y a des codes et des contraintes. Il y a le nombre de postes disponibles. Ce n'est pas vraiment le nombre annuel de postes d'agrégés de mathématique ouvert à concours en France mais cela fonctionne de manière analogique. Il y a un nombre de livres vendus pour une année donnée qui est fini même si c'est difficile d'en donner le nombre exact et il y a un nombre fini "d'écrivains qui peuvent vivre de leur plume" autre manière d'exprimer leur capacité à trouver leurs ressources de vie et de reproduction grâce à leur métier d'écrivain.


Les contraintes exercées par le groupes des écrivains définissent à chaque époque ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. A la Renaissance, Galilée n'avait pas le droit d'affirmer que la Terre tournait autour du soleil et tous les arguments qu'il présentait en ce sens étaient réfutés par la majorité des écrivains de cette époque au point qu'il faillit terminer sa vie sur un bucher. Mais sans en venir à de telles extrémités, il n'y a pas de livres sans son système de contraintes. Alors que dans son livre " Le Middle Ground", Richard White décrit, sans s'appesantir sur ce thème, les actes de guerre cruels commis par les Indiens en 1660, on ne s'étonne pas que les cruautés de notre pays et de nos alliés soient systématiquement passées sous silence car ce que nous faisons de mal est la conséquence de la méchanceté définitive de nos ennemis: Guantanamo  est la juste réponse à la méchanceté intrinsèque d'Al-Qaïda.


Ce n'est pas le lieu de déterminer qui des Européens ou des terroristes a raison. La lutte pour les ressources de vie et de reproduction peut se dérouler de manière non sanglante ou pacifique. Mais dans les phases critiques, il y va de la vie et de la mort. La bombe atomique française a un but strictement dissuasif: sauver le pays de sa disparition si un jour une telle situation se présentait. La bombe atomique du pays qui n'a pas atteint le niveau technologique de la France, c'est l'attentat sous la forme d'une personne ou d'un véhicule bourré de dynamite.


Plutôt que de réfléchir en terme de progrès technologique et moral, il faut avoir une vision d'éternel recommencement dans un monde en changement permanent. Considérons d'abord l'humain sous sa forme spécifique. C'est un primate que la main a transformé en ce qu'il est aujourd'hui - ce succès que représente l'existence de 7 milliards d'humains - . La main lui permet de créer des outils puis de transformer son environnement. Ceci fait passer son cerveau de 600g il y a 3 millions d'années à 1400g aujourd'hui. Mais en parallèle, la sociabilité qu'il a hérité des mammifères démultiplie ses capacités technologiques par l'invention du travail - quête collective des ressources de vie - et de la vie de groupe depuis le village jusqu'à l'équivalent d'un État Terre qui se met peu à peu en place sous l'égide de l'ONU. Et l'histoire au sens des historiens n'est qu'un éternel recommencement de la lutte pour les ressources de vie et de reproduction au niveau d'une personne humaine - il y a eu 106 milliards de sapiens mais ce qui compte c'est ma vie et ma mort - et au niveau des groupes humains des plus petits aux plus grands tels que les 200 états environ recensés aujourd'hui et qui prétendent à une souveraineté intouchable par quiconque - 200 états avec des bombes atomiques pour défendre leur frontières sacrées.


C'est un éternel recommencement dans le changement. A chaque instant, il y a changement de l'humain qui ne cesse de renforcer sa sociabilité et  de se modifier biologiquement, et il y a changement technologique sous l'effet conjugué du travail, de la main et du cerveau. A chaque instant, les équilibres entre les groupes humains se modifient et la lutte pour les ressources également. Les vaincus d'hier remportent des victoires et les vainqueurs d'hier s'effacent.