jeudi 10 février 2011
Où en est l'éthologie évolutive? ( à revoir)
Il y a un acquis.
quand on parle des humains, on ne peut oublier chacun de ceux qui sont vivants ni tous ceux qui ont vécu depuis son apparition. Le critère, c'est un homo dont le cerveau est de la même dimension que celui d'aujourd'hui. Si l'on part de l'hypothèse qu'il gagne un gramme tous les 3000 ans, si l'on se situe en l'an – 150 000 , on en déduit qu'il a gagné 50 grammes. C'est un chiffre global qui ne parle pas du gain en complexité du système nerveux, en nombres de synapses et qui suppose que le développement a été linéaire.
Question: comment la génération suivante prend en compte l'augmentation du cerveau.
Le schéma darwinien nous dit: soit deux individus, l'un avec aucune augmentation du cerveau ni des synapses et un autre avec un gramme de plus et les synapses qui l'accompagnent. Dans notre cheminement, c'est le second qui l'emporte. Il donne naissance à un enfant qui a un cerveau aussi important que le sien et la même organisation synaptique, au moins, car on pourrait estimer qu'il gagne du poids à chaque génération suivante.
Cela doit être inscrit dans son ADN, c'est à dire que le père est né avec un gramme de plus et ce n'est que par la suite qu'il l'a utilisé.
Donc le schéma humain, serait le suivant: à chaque génération, il y a un pas de complexification du cerveau et après la naissance, l'humain en fait un usage tel que celui qui ne le possède pas tend à disparaître et celui qui en bénéficie, l'emporte.
Alors pourquoi, tous les primates n'ont pas emprunté le même chemin?
C'est là que la main, en premier lieu, et la sociabilité, en second lieu, entre en jeu. C'est elle qui met en œuvre la complexification du cerveau. On pourrait dire qu'au moment de la différenciation entre le chimpanzé et l'humain soit il n'y a pas eu augmentation du cerveau de l'un contrairement à l'autre soit il y a eu le même phénomène chez les deux, mais l'un l'a mis en valeur parce que sa main a trouvé un rôle à jouer tandis que l'autre n'avait pas cette possibilité et il a laissé cette mutation en déshérence. Sur une durée plus longue, c'est ce que l'on voit. Les chimpanzés savent utiliser des outils mais ils ne passent pas le cap de la pierre taillée.
D'abord la main puis la sociabilité.
La sociabilité existe chez l'homo et chez le chimpanzé mais elle joue un rôle de renforçateur de la main, le jour où l'outil devient collectif. Or le chimpanzé a « contourné » la pierre taillée. Elle peut être à l'origine d'une division du travail où des spécialistes de la pierre taillée en fabriquent pour d'autres qui l'échangent contre d'autres denrées. Dès qu'il y a division du travail, il y a naissance de la collaboration et un jour apparition d'outils collectifs. On partira du principe que la sociabilité est inscrite dans le cerveau comme la spécialisation de la main.
Reste la possibilité de vérifier cela expérimentalement.
Peut-on, si l'on en à les outils, vérifier la plus grande complexité d'un cerveau par rapport à un autre.
Une situation analogique se présente à notre esprit, celles de la différence des activités des humains. Nous savons qu'un enfant depuis le quatrième mois de sa conception jusqu'à 7 ans produit 1 million de synapses par minute qui le font passer de la situation d'un humain sans compétences physiques et intellectuelles à l'enfant de 7 ans prêt à s'engager dans l'apprentissage scolaire, puis professionnel. Si cet enfant se trouve dans milieu carencé, il risque d'être plus carencé que si son milieu ne l'était pas parce que cette explosion synaptique ne sera pas utilisée de manière optimale. Si au contraire, il se trouve dans un milieu qui possède de grandes compétences, il risque de le reproduire plus qu'un autre qui serait né dans un milieu plus commun. Les pauvres gens donnent naissance plutôt à des pauvres gens. Des rois engendrent des rois. Et dans les familles où l'ont estiment que le rôle des femmes est d'enfanter et de récurer, les grands artistes sont plutôt des hommes.
Généralisons cela à la conquête des États-Unis par les Européens. Les Indiens naissent dans des milieux où l'on vit de la chasse aux bisons, dans de petits états, sans écriture et dans des tipis. En face, on se nourrit de troupeaux domestiqués depuis 2000 ans, dans des états qui unissent des millions d'individus, avec une écriture complexe et des millions de textes de toute sorte et on vit dans des conurbations en dur et à étage qui comptent des milliers voire des millions d'humains. Les Indiens ne peuvent que disparaître. Si - de manière utopique - dès que des groupes humains se rencontrent, ils fusionnaient en très grande confiance, les enfants d'indiens n'auraient rien à envier aux enfants des Européens. Pourquoi cela n'est-il pas possible? Parce que tout humain est en concurrence et qu'ils créent des états pour maximiser leurs ressources mais chaque état à son tour adopte vis à vis d'un autre, une attitude de concurrence générale.