jeudi 10 février 2011

Comment fonctionnent les sociétés des humains? ( à réécrire)



On dit que Rome a été fondé vers 700 avant JC. L'empire romain d'Occident disparaît vers 476 avec la déposition de Romulus Augustule et celui d'Orient avec la prise de Constantinople en 1453. Au premier succède à la Renaissance une série de principautés et royaumes qui ont marqué l'Europe malgré leur relative exiguïté: Florence, Milan, Venise, Rome, le royaume des deux Siciles etc.. L'empire Ottoman prend la succession de l'Empire Romain d'Orient: il est difficile de dire qu'il y ait des points communs entre le gouvernement orthodoxe du basileus et la lente montée conquérante du sultan musulman d'Istanbul. Ce sont néanmoins des visions superficielles car les populations des ces régions ont évolués moins rapidement et surtout alors que les états romains ont disparus, elles n'ont fait qu'évoluer et, en nombre, elles ont continuées à augmenter. Il ne faut donc pas confondre les humains et leurs états.

Il y a des états qui ont complétement disparu: les grands empires indiens d'Amérique Latine, le royaume d'Angkor etc.. Mais là encore, nous savons que les populations se sont déplacés et qu'elles ont continué à vivre et à se développer mais sous d'autres cieux étatiques.

Il faut donc changer son fusil d'épaule. Et nous allons partir de notre perception immédiate. « Je » est né un jour particulier par exemple le 24 avril 1939. Il a aujourd'hui 91 ans. Il est passé par chacune des années de son âge. En éthologie, nous estimons que chaque année est un âge spécifique et même chaque mois, si nous avions des instruments plus précis pour les décrire. On a tendance en psychologie à diviser la vie des humains en petite enfance, enfance, adolescence, jeunesse, âge adulte, âge mûr et vieillesse. Mais pour nous une personne de 18 ans est différente d'une autre qui a un an de plus ou un an de moins du seul fait de son âge et indépendamment de son vécu subjectif ou objectif. Pour la simple raison que nous pensons que le vivant vit de manière continue et non de manière discontinue.

Ce qui est trompeur, c'est que tous les âges se recouvrent. Dès qu'un humain à quitté un âge précis il est immédiatement suivi par un autre. C'est ainsi que la société semble vue de loin être en permanence habitée de bébés, d'enfants, d'adultes et de vieux. C'est un tuilage. Ce tuilage concerne tout ce que les humains ont créé. Nous visitons aujourd'hui une église construite au Moyen Age. Mais nous la voyons au présent.

Nous habitons dans un quartier. On y trouve des magasins avec les ressources utiles au quotidien. Plus ces ressources sont à longue périodicité moins elles sont proches. Nous achetons nos meubles un peu plus loin, notre voiture ou notre maison de même, nos vêtements, nos livres ou tout ce qui sert à nos loisirs, etc... Nous devons ne pas oublier que tout cela est fonction de la densité de la population et du nombre d'habitants du quartier, de la commune ou de l'état. Chaque objet humain est un objet humain qui lui aussi est soumis au tuilage. Tous les humains prennent un an chaque année. Mais il y a à chaque instant de nouveaux entrants et de nouveaux sortants.

Et quand il n'y a pas de guerres ou de catastrophes naturelles ni de famines ou d'épidémies, la population décroit très lentement, reste stationnaire ou augmente très légèrement au point que nous ne voyons que la stabilité ou qu'une lente amélioration. Les jeunes apprennent des anciens non seulement tout ce qu'il faut pour assurer tous les services qui étaient assurés au début de leur vie mais aussi toutes la convivialité explicite ou implicite. Toutes les organisations fonctionnent normalement et il suffit de reproduire ce qui existe pour que l'éternité soit là sous nos yeux. Et ce qui joue vraiment ce sont les évènements humains: naissance des enfants, mariages, décès et toutes les célébrations et fêtes qui tissent la vie des humains. Il y a les fêtes des familles annuelles telles que les anniversaires, les fêtes locales liées au calendrier Noël ou fête patronale.

Derrière cette vision, il y a néanmoins l'évolution. A chaque instant, chaque humain est à la recherche de ses ressources de vie car il a besoin de se nourrir, de se reposer, de se vêtir et selon l'âge, il est à la recherche de ses ressources de reproduction car même si les familles ont peu d'enfants l'éthologie des humains est telle qu'un nombre non négligeable ressent le besoin de simuler l'acte de reproduction tous les jours. Mais comme l'éthologie impose la discrétion la plus totale sur ce sujet, autant vous pouvez souhaiter à tous les humains que vous rencontrer au moment de repas « bon appétit », autant il est incongru, quand on leur dit au revoir d'ajouter «  et bonne reproduction », alors que c'est ce qu'ils recherchent presque tous.

Le recherche des ressources est donc le moteur de tous les évènements de chaque jour et elle fait qu'une journée n'est jamais semblable à la suivante avec le fait que chaque jour tous les humains prennent un jour. Les maladies et les faiblesses apparaissent périodiquement. Indépendamment de toute philosophie, les vivants mènent un combat quotidien et pour nous éthologues ce sont ces combats qui apparaissent ensuite dans tous les récits oraux et écrits des humains dont le vaste domaine des sciences humaines et des croyances, en somme dans tous les actes, les pensées et les sentiments. A la différence par contre de ces sciences, l'éthologie établit que cela se passe également pour tous les autres vivants de la Terre.

Il arrive parfois des situations dramatiques. Il y a une guerre et des soldats ennemis envahissent un territoire. Une guerre c'est une lutte collective pour des ressources de vie. Les vainqueurs souhaitent être plus riches qu'ils ne l'étaient avant. Donc ils veulent s'emparer du maximum de biens des vaincus mais il y a de multiples modalités, depuis l'élimination totale des étrangers jusqu'à leur intégration complète dans l'état des vainqueurs. Dans les deux cas, ils portent atteinte à ce train train tuilé qui existait auparavant. Ils démontent tout l'environnement créé par les étrangers et ceux-ci perdent leurs repères et leurs défenses. On veut que toutes les modes d'acquisition de ressources de vie et de reproduction collectifs soient anéantis et intégrés dans les modes d'acquisition du vainqueurs. Mais entre le moment de la destruction et le moment de la reconstruction, il peut y avoir une latence plus ou moins grandes et c'est alors que se déroulent massacres, pillages et viols.