mercredi 2 février 2011

Une histoire des Juifs de Pologne - Henri Minczeles - La Découverte - 2006 (à revoir)



Comment et pourquoi parler des juifs en Pologne? 
En « France », c'est un sujet que l'on aborde dans des milieux que nous qualifierons de bien intentionnés, ceux qui évoquent la Shoah avec tristesse ou bien alors ce sont des juifs ou des amis des juifs et notamment de l'État d'Israël. Toutes ces personnes ont tendance à reprocher plus ou moins fort aux « Polonais » d'être antisémites. 

(Nous mettons en début d'exposé par convention en éthologie évolutive les noms des états humains et des humains qui y vivent entre guillemets car les humains sont des vivants minoritaires sur ces espaces et il ne l'occupent par rapport aux milliards d'années d'existence de tous les vivants qu'un  espace temporel très court)  
 
Ils ont des preuves. Il y a eu en Pologne, tout au long de son histoire, des lois antisémites depuis l'arrivée des juifs en Pologne jusqu'en 1968, date de l'expulsion vers Israël ou ailleurs de 10 000 polonais considérés comme juifs et sans aucune possibilité de recours. Donc de droite ou de gauche, les polonais ont une fibre antisémite. Les reproches principaux concernent évidemment les pogroms et l'indifférence des Polonais vis à vis des camps de concentration qui se trouvaient sur leur territoire et qui ont provoqué la mort d'une partie de 4 millions de juifs qui habitaient dans le pays avant 1939.
Face à un tel drame a-t-on le droit de se lancer dans des explications? Pour toutes les sciences dites humaines cela paraît difficile parce qu'elles fonctionnent en vue du bien des humains et considèrent le mal comme un échec.
En éthologie évolutive, le problème ne se pose pas car cette science prend en compte tous les vivants et l'intégration de ces vivants dans l'univers. Elle n'est pas anthropocentrique. Le paradigme du vivant est simple: ce qui réussit, réussit et ce qui ne réussit pas, ne réussit pas. Comme toutes les sciences exactes, du fait de son existence et de sa répétitivité, elle est fondée à donner des explications exhaustives dans son domaine. 
 
En ce qui concerne l'éthologie évolutive, il est très important de ne pas transgresser les frontières avec les sciences humaines car quand elle s'intéresse au vivant humain, elle reprend mais avec ses concepts à elle tout ce que celles-ci traitent: histoire de l'humain depuis son apparition, anthropologie, sociologie, psychologie et toutes les variantes proches ou lointaines de ces disciplines.

Éthologie évolutive et les juifs en Pologne
Il faudrait écrire un livre mais nous nous conterons de quelques idées fondamentales.

1) Chaque vivant a besoin de ressources de vie et de ressources de reproduction. S'il les trouve, il réussit sinon il ne réussit pas. La situation peut être critique ou dramatique au point que le vivant est menacé de disparition ou mineur et elle provoque une adaptation. Tant que le vivant est en vie, toutes ses chances d'éternité sont préservées, s'il meurt avant reproduction, elles disparaissent. En évolution, jamais une espèce, une famille ou un ordre qui ont disparu ne réapparaissent. 

On peut dire aujourd'hui que depuis l'apparition réelle en - 640 ou mythique des juifs jusqu'en 2011, il n'y pas eu disparition définitive. Il existe un état juif et de vastes communautés dans le monde.

2) En matière de ressources de vie, tous les vivants sont en concurrence individuelle les uns avec les autres. Le bacille Koch, l'amibe du foie, le moustique ou le loup de nos ancêtres vivent aux dépens des humains qu'ils rencontrent. Les humains sont également en concurrence individuelle les uns avec les autres mais leurs compétences manuelles et cérébrales et leur sociabilité la modulent de telle manière qu'elle se retrouve de manière particulière à différents niveaux de son organisation. Dans la famille, il y a partage  et atténuation de la concurrence. Le travail est la manière humaine de trouver des ressources de vie. Il y a concurrence partage dans la quête entre les égaux et les différents échelons organisationnels et concurrence partage dans la distribution en fonction de l'organisation depuis le lieu ou se trouve un vivant donné jusqu'au sur-ensemble auquel il appartient, état et super-état de nos jours. 
 
2) En matière de ressources de reproduction, tous les vivants sont en concurrence les uns avec les autres à l'intérieur de leur espèce: il n'y a que deux humains de sexe masculin et féminin qui peuvent concevoir un enfant. Pour le reste, on retrouve les impacts de l'organisation sur la réussite ou non de cette quête.

3) Tout au long de l'histoire des juifs en Pologne, on constate qu'ils manifestent implicitement ou explicitement la volonté de se constituer en état. Et il semble que jusqu'à la naissance d'Israël en 1947, cette volonté se manifestait de manière massive ou sporadique là où ils se trouvaient essentiellement en Russie et sur le territoire polonais puisque l'état polonais a cessé d'exister entre 1795 et 1918. Or le XIX° siècle est l'époque où ces deux états finissent leur prise de conscience d'état national eux qui étaient jusqu'au XVIII° siècle essentiellement des états multinationaux. D'où le choc brutal entre une majorité écrasante de russes et de polonais face à une minorité conséquente et qui depuis des millénaires a appris à résister victorieusement.

4) Lois antisémites et pogroms ne sont donc que les instruments que ces deux états s'autorisaient à utiliser contre « l'autre ». Il ne s'agit ni de justifications ni de condamnations définitives car on peut estimer que ce type d'actions a existé dans bien d'autres endroits de la terre des humains et à bien d'autres époques. On peut même dire que dans le futur, il y aura encore des lois anti-groupes humains et des massacres de groupes «autres» mais selon des modalités originales à chaque fois.