vendredi 6 septembre 2013

Qu'est-ce que l'éthologie ( en construction)


 ( en noir, le texte origine et en rouge, les modifications du blog)


Éthologie humaine
« L'éthologie humaine est l'étude des comportements humains dans  leur environnement physique et social naturel »


1) Une approche sans parole

Éthologie humaine: un peu d'histoire
 
Fondateur : Professor Irenaeus Eibl-Eibesfeldt
 
Démarche : l'application de l'éthologie animale à l'homme
Démarche: application de l'éthologie à l'homme


Concept de motivation
Concept de motivation chez tous les vivants

Stimuli déclencheurs
... chez tous les vivants
Schèmes comportementaux (le sourire)
... chez tous les vivants. Le sourire n'est pas le comportement de référence
Des comportements innés versus des comportements acquis... chez tous les vivants

- Une ascendance zoologique
LUCA pour tous les vivants
- Danger : Comparaison directe homme-animal
L'homme est une espèce de vivants parmi des millions d'espèces. Il n'y a aucun danger à comparer les animaux entre dès que l'on leur respecte spécificité.
- Une éthologie humaine (théorie)
Une éthologie générale ( théorie pour tous les vivants)
- Étude du comportement propre à l'espèce, de ses caractéristiques différentielles. Le comportement fait partie de l'équipement de l'espèce au même titre que les caractères anatomiques et physiologiques, et il doit être étudier dans le même esprit.
Oui.
- Champs de recherche: Territoire, hiérarchie, organisation sociale, communications, relations
Les concepts de l'éthologie: Territoire, hiérarchie, organisation sociale, communications, relations, et beaucoup d'autres à formuler.
- Mère-enfant,ontogenèse, comparaison primate humain / primates non-humains...
Cas particulier chez les animaux: mère-enfant, ontogenèse, comparaison primate humain / primates non-humains/ animaux non primates


2) Éthologie humaine - Deux approches - D'après Cosnier, 1977 - Une approche éthologique de l'homme - (technique)

- Le modèle animal : L'animal est utilisé pour vérifier expérimentalement des hypothèses concernant le comportement humain ou pour préciser des problèmes de psychologie générale (facultés mentales, émotivité, mémoire...).
Oui uniquement parce que l'humain il est l'ultime prédateur puisque les mammifères ne sont apparus qu'il y a 70 millions d'années.

- Champs d'action. La transposition des méthodes éthologiques pour l'étude du
comportement humain, notamment celles éthiquement interdites (ex: sur
l'enfant), étude de la communication non-verbale.
L'éthiquement interdit est un objet d'étude éthologique car c'est la manifestion d'un comportement. 

- Éthologie humaine. Deux approches

- Éthologie humaine - Un débat
Pouvons nous parler d'éthologie humaine si sa définition est l'étude de l'homme dans son milieu naturel ?!!
Ce n'est pas une bonne définition. La preuve: que veut l'éthologie chevaline c'est l'étude du cheval dans son milieu naturel? 
 
- L'éthologie humaine comme l'éthologie animale est à la frontière de plusieurs sciences humaines (sociologie, anthropologie, ethnologie, psychologie...)
Impossible puisque que le cheval il n'existe pas de sciences chevalines

- Un champ des sciences humaines depuis les années soixante-dix
L'éthologie n'est pas une science humaine car elle concerne tous les vivants. 

Éthologie humaine - Une évidence (?)
- Pourquoi étudier les comportements de l'homme dans une perspective biologiques
alors que les influences culturelles sont d'évidence primordiales ?
L'éthologie n'est pas une une science biologique, c'est une science du vivant. Comme elle concerne tous les vivants les influences culturelles ne concernent que l'éthologie des humains. 

Éthologie humaine - Génétique - Test du QI

●Tendance statistique pour une héritabilité de type génétique (faible argument, Vaysse et Médioni, 1982)

Biais des échantillonnages dans ce type d'étude

La néophobie alimentaire

● Génétiquement héritée à 78% (Cook et collègue, 2007).
● « Environnementalement influencé à 100%» : renversement des préférences alimentaires, y compris chez l'animal.
La génétique des traits pathologiques : Mongolisme, Autisme, Schizophrénie ...
Éthologie humaine :Génétique - Étude des jumeaux :
Vraie fausse bonne idée ?
Ceux qui partagent les mêmes gènes, partagent les mêmes caractéristiques. Les traits de personnalité et les comportements des jumeaux sont hérités. Le paradigme génétique = héritabilité.
Exemple de recherche : (1) Capacités cognitives (QI), homosexualité...
2 approches: 
(1) études des vrais jumeaux vs faux jumeaux
(2) Études de vrais jumeaux dans des familles différentes - Études gémellaires = une héritabilité faible. Influences environnementales fortes (?). MAIS quelle définition pour «environnement » lorsque 2 jumeaux vivent dans des familles différentes ou lorsque des jumeaux sont comparés à des non jumeaux dans une même famille ? Reçoivent-ils la même attention parentale ?

Éthologie humaine - Génétique
Étude des jumeaux:

Vraie fausse bonne idée ? Héritabilité
Une définition populaire : les caractéristiques transmises par les parents
Une définition statistiques : le % d'une caractéristique partagée par les individus d'une même population (sous-entendu génétiquement transmise dans un milieu défini)
Plasticité du développement (notamment neuronale) = interaction - gène/environnement

● absence d'opposition Gène / Environnement

● Complémentarité complexe non rendu par l'opposition G/E

Éthologie humaine - Génétique

- Exemple : La phénylcétonurie, (dégénérescence neuronale du nouveau-né provoqué par la mutation d'un gène).
- Thérapie : Prévention de l'arriération mentale par adaptation du régime alimentaire (évitement des protéines, diète de fruits et légumes).
- Part de l'innée et de l'acquis ? Vieux débat, des définitions qui dépendent des époques et
dont certaines sont devenus populaires
- Abus de langage : Inné = comportement instinctif = réflexe

Éthologie humaine - Génétique

- Définitions généralement admises en science
- Inné : traits (génétiquement) hérités et/ou très largement répandus dans une population. On parle de comportement inné ou instinctif.
- Acquis: Traits apparaissant après un apprentissage
- Inné ne s'oppose pas à Acquis

Éthologie humaine - communication

Étude des comportements non-verbaux
● Hors contexte verbal
● Gestualité, mimique faciale, posture corporelle...
● Distance interindividuelle (Halle, 1974) comme support de la communication verbale
● En associant avec le langage
● La communication enfant-adulte (mère). La dimension cachée (Hall, 1976)
● Distance intime : 0-45 cm, contacts de certaines parties du corps, vocalisations étouffées, perception visuelle déformée et/ou centrée.
●Distance personnelle (45-120 cm) : distance qui sépare de l'autre pendant la communication (longueur de bras)

Éthologie humaine - communication

La dimension cachée (Hall, 1976)
● Distance sociale (120-210 cm et 210-360 cm) : Échange verbale avec hauteur de voix normale, Absence de contact.
● 120-210 cm : Distance de la négociation et de travail
● 210-360 cm : échange formel, distance de travail, nécessité de maintenir le contact par le regard
● Distance publique (360-750 cm) : distance de communication formelle, fuite possible. Importance des gestes et postures. Élocution ralentie.

Éthologie humaine - communication

Application à l’hôpital : les espaces de vie

Éthologie humaine - ontogenèse

Exemple : Le développement piagétien de l'enfant
De phases d'assimilations (découvertes) et d'accommodations(associations logiques)
● Stade sensori-moteur (naissance-2 ans)
● Stade préopératoire (2-6 ans) : construction des représentations du monde (symbolisme)
● Stade opératoire concret (6-12 ans) : compréhension du monde par la structuration de la pensée.
● Stade opératoire formel (12 – fin de l'adolescence) : l'abstraction du monde (réflexion logique à partir d'hypothèses). Importance des stimulations, de l'exercice et des expériences
Importance de l'environnement social
Un modèle du développement de l'intelligence

Éthologie humaine - ontogenèse
Développements sensoriels : Apprentissages précoces
●Odeurs (Montagner, 1978 ; Zazzo, 1983)
● A 3 jours, le nouveau né reconnaît et préfère l'odeur de sa mère
● Goûts (Schaal, 1988...)
● Apprentissage fœtal des préférences gustatives et reconnaissance des aliments dès la naissance
● Voix (Zazzo, 1983 ; Mehler, 1988)
● Reconnaissance de la voix de la mère pendant le dernier trimestre du stade fœtal et à la naissance
● Visages (Brazelton, 1990...)
● Reconnaissance du visage de la mère (15 jours) et perception de la désynchronisation de l'expression faciale avec la tonalité de la voix.

Éthologie humaine, culture et évolution...

● Altruisme
● Adoption
● Soins parentaux
● Reproduction

Éthologie humaine, coopération et altruisme

La coopération, un trait humain (de par son intensité et son étendue)
● Wilson (1975) : le plus fort entre apparenté - (Sociobiologie, insecte)
● Alcok (1997) : un altruisme réciproque, possible entre non apparentés chez les mammifères
● Chez l'homme, des membres de la famille au parfait étranger. Coopération institutionnalisée
●L'Adoption
● L'Empathie

Éthologie humaine, coopération et altruisme

Altruisme
● Réciprocité indirecte (Alexander, 1987)
● Expérience 1 : Don du sang
● Don facilité si en retour un pins ... (Low & Heinen, 1993)
● Expérience 2 : Stratégie du donneur
● Faire savoir qu'on est un donneur car on reçoit PLUS de son entourage (Nesse, 2007)
● Surtout de la part des femmes si on est un homme ! (Hardy, van Vugt, 2006) 
Perspective évolutionniste : La générosité devrait conférer un avantage reproductif (?) (sélection du partenaire sexuel...)

Adoption
● Espèces animales : très rares et souvent les apparentés
●Homme, fréquent ?
●Îles océaniennes : 30 % des enfants !!! (Sahlins, 1976)
●Quasiment tous des apparentés (11 cultures, Silk, 1980)
●USA (Californie, Jeon - Buss, 2007)
●Adoption de non apparentés possible mais...
● Cas particulier : perte d'un enfant, infertilité.
Pas d'adoption pour l'adoption

Éthologie humaine, coopération et altruisme
Perspective évolutionniste : avantage reproductif (?) [ les apparentés et/ou stratégie de communication] (?)

Éthologie humaine, question de genre ?
Choix du partenaire sexuel
● Silhouette (Singh, 1993)
● Odeur (Cornwell et al., 2004)
● Sonorité de la voix (Colling - Missing, 203)
● Identification de la période d'ovulation ?
● Odeur [nombreux résultats contradictoires], Silhouette (Singh - Bronstad, 2001),
● Face (Roberts et al., 2004)

Culturellement imposé (ressemblance avec la mère?)

Choix du partenaire sexuel
● Silhouette athlétique (Geary, 1998)
● Face « masculine » (faciale symétrie, Jones et al., 2008) (différentes cultures)
● Sonorité de la voix (Feinberg, 2008)
● Ressources (position sociale, politique, monnaie) (Buss et al., 1992 ; Grammar et al., 2003)
● Généreux ?

Éthologie humaine, question de genre ?
Testostérone (un indicateur de bonne santé?)

Éthologie humaine, et... élevage
Élevage des enfants (investissement parental)
● « Violence » sur enfant : beau parents > parents (Canada) (Daly & Wilson, 1985)
● Fréquentation de l'école (durée) : enfants biologiques - enfants rapportés (+1 an, USA) (Case et al, 2000, 2001)

Place dans le groupe et allocations des ressources
● Mariage (1267 sociétés, Murdock, 1967)
● Femme / Homme avec « dote » : 66% / 3%
● Monogamie (femme + dote) : 62%
● Polyginie (femme + dote) : 91%

Éthologie humaine, et... élevage

Élevage des enfants (investissement parental)
● Théorie de la sélection sexuelle (Choix du « bon »
partenaire)
● Homme (mammifère) : sélection intra-genre
● Stratégie parentale : assurer la descendance : Offre économique et de prestige + femme à l'homme «α»

Élevage des enfants (investissement parental)
● Altricialité secondaire
● Les grands parents !
● Aides
● Investissement dans la descendance

Éthologie humaine, et... élevage

Éthologie humaine, et... territoire

Perspective évolutionniste de la morale
● Faite l'amour et... la guerre
● Hommes et chimpanzés (Wrangham, 2010)
● Défense du territoire (ressources) et accaparement des ressources
● Lions - hyènes ( ?)

Des pratiques sociales et culturelles partagées par les sociétés humaines qui auraient pour origine notre histoire évolutive

Éthologie humaine, Psychologie évolutionniste
Approche évolutionniste (Sociobiologie)
● maximiser son succès reproducteur (gènes)
Études (relativement) rares (encore)
● Approche (encore) trop souvent « monoculture »
● Danger d'un adaptationnisme appliqué au social/culturel
● Théorie de l'évolution culturelle (co-évolution gène-culture, origine et diversification des cultures...)

Éthologie humaine - Théorie de l'évolution culturelle
Petit retour sur la sélection du partenaire sexuel.. Ou Pourquoi les femmes sont plus petite que les hommes? (D'après Touraille, 2005)

Éthologie humaine - Théorie de l'évolution culturelle dimorphisme sexuel (taille...)
Bipédie - réduction de la largeur du bassin
● Statistiques : Mortalité des mères : petit bassin et grand bassin
Pression de sélection, la taille des femmes augmentent...... comme celle des hommes !!!???

Éthologie humaine : : Théorie de l'évolution culturelle?
Éthologie humaine : : Théorie de l'évolution culturelle Contre sélection (sociale) !
Femmes
● Accès réduit à l'alimentation (économie de subsistance)
●Accès réduit aux protéines
Développement (taille réduite)
Disparition des GRANDES femmes (famines)

Éthologie humaine : : Théorie de l'évolution culturelle
Espèce humaine
Pression de sélection sociale : conséquences inverses de celles prédites par la théorie de l'évolution : Augmentation du succès reproducteur
* OMS (2011) : 6 millions d'accouchements difficiles (essentiellement car mauvaise présentation du nouveau né)




Jacques Cosnier