Une femme à Berlin - Journal - 20 avril - 22 juin 1945
Éthologie
Concurrence
Dès l'enfance, on nous raconte les batailles entre les humains. Les garçons, surtout, on leur offre des épées ou des armes plus modernes. Quand aux filles, on leur demande de pousser de petits cris effarouchés. Et tout le monde chante: "La Madelon", "Trois jeunes tambours" ou encore "Marlborough s'en va en guerre".
A l'école, voici Charlemagne, Saint Louis, Louis XIV et
l'inénarrable petit (1,68 m)
Napoléon le Grand. A chaque fois, nous oublions que leurs faits d'armes ont
donné lieu à des viols, des pillages et des massacres. Cela empêcherait nos
gentils enfants de dormir.
Devant de telles contradictions, nous comprenons que nos ancêtres ont du
aller jusqu'à sacrifier Dieu en personne car il faut quand même un personnage
de cette stature infinie pour expier les milliards d'humains qui ont souffert
toutes les peines passés sous silence de générations en générations.
Mais, au XXI° siècle, nous n'avons plus besoin de Dieu, puisque tous les phénomènes répétitifs sont du domaine de la science et de la normalité scientifique. Chez les humains, il y a soit la concurrence cruelle - c'est de celle-ci qu'il s'agit ici - soit la concurrence pacifique - la cadre de vie de la très grande majorité des humains.
