(Petit caravansérail - Turquie - 2006)
L'évolution et l'éthologie sont deux aspects importants et inséparables de la science des vivants: on ne peut parler de l'un sans évoquer l'autre. Vivre c'est s'adapter en permanence: l'adaptation est décrite par l'éthologie et la série des adaptations est décrite dans l'évolution. Nous avons en France deux problèmes. L'éthologie y est vue de manière statique et ne concerne qu'une partie réduite du comportement humain alors que de notre point de vue tout ce qui est humain est du ressort de l'éthologie. Quant à l'évolution, chez les anglo-saxons, elle évoque la théorie de l'évolution des vivants à la manière dont la théorie de la Relativité est liée aux découvertes de Einstein. En France, l'évolution reste un nom commun qui définit "ce qui évolue" et dans la théorie de l'Évolution, les français privilégient le mot "théorie" alors que cela devrait être l'horizon normal de toutes les sciences du vivant. L'objectif de cet exposé est de montrer que les humains sont des vivants au même titre que les plantes et les autres animaux et que l''éducation n'est qu'une technologie - au sens éthologique du terme - mise en place par les humains, espèce sociable, tout au long de son évolution particulière. L'évolution montre qu'il y a une continuité sans faille depuis les premiers vivants jusqu'à ceux qui existent aujourd'hui et que les extinctions ne concernent que les espèces qui ont disparu c'est-à-dire qu'entre un vivant d'aujourd'hui et un vivant d'il y a 3 milliards d'années, il n'y a eu aucune interruption et qu'un fois qu'un groupe de vivants a disparu, c'est définitivement.
C'est ce qui nous amène à dire qu'il y a malgré les apparences, une très grande proximité entre toutes les espèces de vivants et qu'il n'y a aucune raison d'en privilégier une comme par exemple l'espèce humaine comme c'est l'habitude dans quasiment toutes les sciences autres que celles de la Terre et de l'Univers. L'éthologie décrit de son côté toutes les technologies que chaque espèce met en place pour vivre, c'est à dire acquérir ses ressources de vie et ses ressources de reproduction.
Si nous abordons la notion d'éducation c'est pour deux raisons. Bien que la religion chrétienne, fondatrice des Universités, ait depuis longtemps déserté le domaine des sciences, en ne revendiquant plus l'origine divine de tout ce qui existe, une certaine forme de religion laïque lui a succédé qui établit que l'humain est la cerise sur le gâteau de l'Univers et qu'il existe sinon une âme humaine au sens chrétien du terme du moins un archétype de l'humain vers lequel tendent les 7 milliards de vivants de cette espèce sur Terre, de nos jours. Et la seconde raison est que l'éducation des parents et des adultes aurait pour objectif d'amener les enfants à devenir des adultes correspondants ce modèle. Du point de vue éthologique, cette vision est incomplète. Partant du principe que tous les vivants ont le même destin: naître, vivre et se reproduire et qu'ils sont variables pour des raisons d'adaptation à leur environnement vivant et non vivant, l'éducation des humains n'est qu'une technologie des humains pour réaliser ce destin chez les humains.
1) Les humains forment, aujourd'hui, de très grands groupes que l'on appelle des états.
Aux yeux d'un humain particulier, ces groupes semblent avoir toujours existé sous leur nom actuel ou sous un nom approchant.
Au regard de l'évolution, la durée des ces états apparaît bien courte. Si nous prenons comme exemple le territoire auquel on donne le nom de « France » et qui regroupe environ 65 millions d'humains, les 1500 ans de son existence comparés aux 3 millions de l'existence de l'espèce humaine, cela ne fait que un 2000ème de ce temps. Comme en évolution, on estime qu'il n'y a jamais eu d'interruption entre un vivant d'aujourd'hui et son ancêtre le plus lointain, on peut donc comparer la durée de cet état à l'apparition de la vie et on en arrive alors à la concluions que la durée de la "France" ne représente que un 2 000 000ème de la durée des vivants sur Terre. En un mot, une goutte d'eau. Ces comparaisons sont nécessaires parce que la durée de la vie est le référentiel de l'évolution et de l'éthologie.
En 2011, il y a environ 65 millions de « français ». Mais il ne s'agit pas d'individus identiques et dupliqués, plantés en quelque sorte les uns à côté des autres. Il y a une organisation très complexe qui fait que chacun se meut sans trop de difficulté à l'intérieur de cette multitude tout en sachant d'où il vient et où il va aujourd'hui comme hier. Il pourrait y avoir une complète traçabilité du passé par année, mois, jours, heures, minutes ou secondes mais concédons que la traçabilité à la seconde est possible uniquement du point de vue théorique alors que c'est véritablement celle-là qui nous intéresse. Nous y reviendrons dans le cours de cet exposé.
Comme les 7 milliards d'humains actuellement en vie sur Terre, les 65 millions de « Français » ont besoin chaque jour de leurs ressources de vie et de leurs ressources de reproduction. Cela signifie que chaque jour, chaque humain se nourrit, se protège, se repose, et réalise, pour la plupart, des actes de reproduction. Les humains étant une espèce sociable, l'acquisition des ressources de vie sa fait par le travail. Il suffit de jeter un coup d'œil dans un annuaire téléphonique professionnel pour constater qu'il existe des centaines de milliers de manière de travailler.
2) Pourquoi les humains sont-ils passé de 200 000 individus, il y a 150 000 ans environ au moment où nous situons approximativement l'apparition de l'homo sapiens, aux 7 milliards d'aujourd'hui?
Concept éthologique: évolution d'une espèce
Pourquoi une espèce apparaît, se développe puis disparaît.
Une espèce apparaît toujours à la suite d'une précédente. On pourrait raisonner par analogie avec la naissance d'un individu. Il a toujours des « parents », en général, un mâle et une femelle qui fournissent chacun une cellule sexuelle haploïde de sexe masculin pour l'un et de sexe féminin pour l'autre. Il semble que le moment de la rencontre des deux cellules est également le moment où se réalisent des mutations mineures ou majeurs. Le descendant est semblable et dissemblable. On peut définir les parents d'un descendant en analysant leur ADN mais entre les ADN des parents et celui du descendant il y a des différences.
Une espèce descend toujours d'une espèce précédente.
Pourquoi y a t il apparition d'une nouvelle espèce? Les vivants ne cessent de s'adapter jusqu'à atteindre un seuil où les descendants de la même espèce ne sont plus inter-fertiles. Lorsque deux espèces viennent de se séparer, elles continuent à faire partie de du même genre. Puis un jour, elles sortent tout en restant dans la même famille. En conclusion dès que des vivants d'une même espèce ont acquis un seuil critique de mutations, ils se séparent en plusieurs espèces.
Il semble que la séparation territoriale d'une durée critique soit nécessaire comme le montre l'étude paradigmatique de Darwin sur les pinsons des îles Galapagos. Si par contre ces deux conditions - territoire différent et durée suffisante - ne sont pas remplis, c'est toute l'espèce qui évolue quitte à engranger des variations telles que la couleur de la peau ou bien d'autres traits physiques et biologiques, visibles ou non. C'est ce que l'on constate chez les animaux domestiqués par les humains ou dans les dimorphisme de ces mêmes humains auxquels pendant longtemps on a donné le nom de races. Il semble que plus les vivants – animaux ou plantes – sont petits, plus le territoire ou la durée critiques sont moindres et plus ces vivants sont grands, moins il y a d'espèces différentes.
Concept éthologique: évolution des humains
Les humains pèsent entre 40 et 80 kg en moyenne. Ce sont des animaux de dimension moyenne. Entre 3 millions et 200 000 années environ dans le passé, ils se dispersent fortement sur toute la Terre et étant relativement peu nombreux, ils sont concernés par la durée et la distance critiques génératrice de nouvelles espèces. Les paléontologues nous livrent cette réalité sous la forme d'une généalogie d'espèces humaines parfois trompeuse car il est possible que les différentes espèces aient été contemporaines les unes des autres. La conclusion que nous tirons de cette époque:
- jamais le genre Homo ne s'éteint mais au contraire, il ne cesse d'évoluer vers une augmentation de la manualisation liée à la cérébralisation, puisqu'au seuil de la spéciation de l'homo sapiens le cerveau qui a gagné 1 gramme tous les 3 000 ans atteint un poids très proche de celui des humains actuels.
- A ces époques, il y a eu différentes espèces d'homo non inter-fertiles mais cela est difficile à prouver matériellement par manques de preuves.
Depuis 200 000 ans, on assiste à une marche triomphante de l'espèce homo sapiens. De 200 000 individus, les humains sont passés à 7 milliards. Et c'est probablement ce succès avec des retrouvailles successives préhistoriques et historiques qui ont maintenu l'unicité de l'espèce car dès lors, il semble qu'il n'y ait pas eu suffisamment de distance ou de durée pour la faire éclater.
C'est une donnée fondamentale de l'espèce humaine liée au loi générale de l'évolution qu'il est utile de garder en mémoire.
Comment se déroule l'évolution des humains?
Selon la même règle que celles de tous les vivants - animaux et plantes - :
a) événement / adaptation positive / événement suivant
ou
b) événement / adaptation négative / régression ou disparition.
Donc:
Si les humains sont passés de 200 000 à 7 milliards d'individus c'est parce que les adaptations positives l'ont emporté de manière massive sur les inadaptations, ces inadaptations pouvant être individuelles ou collectives.
Elles possèdent un aspect cumulatif: il y a 200 000 ans, les humains étaient, dit-on, chasseurs cueilleurs. Il y a 10 000 ans, ils deviennent agriculteurs. Puis à partir de cette époque, ils ne cessent de transformer leur environnement – vivants et non-vivant – à leur profit au point que beaucoup d'entre eux oublient leur origine et leur essence communes avec tous les autres vivants.
a) Le groupe qui s'adapte et le groupe qui ne s'adapte pas.
Prenons deux groupes qui viennent de se séparer et qui partent dans deux directions opposées. Ils ont le même acquis d'adaptation et d'évolution qui les a amené à la situation du moment.
Le premier groupe se retrouve dans une région couverte de baies nourrissantes, d'arbres porteurs de fruits comestibles et de rivières où coule une eau potable. Il s'y installe. La région est vaste et fertile. La population se met à augmenter. Peu à peu apparaît une plus grande division du travail avec des chefs, des prêtres, des soldats, des travailleurs intellectuels et manuels. L'expérience collective et les compétences individuelles augmentent. Si certaines ressources viennent à manquer, d'autres sont découvertes. Voilà un groupe destiné à un bel avenir.
La second groupe se retrouve dans une région hostile et il lui arrive ce qui arrive à une caravane qui se perd dans le désert ou sur la banquise. Un jour, ce groupe disparaît sans laisser de traces.
Voilà deux modèles extrêmes. Les 7 milliards d'humains d'aujourd'hui descendent de groupes du premier type. Les travailleurs intellectuels que l'on appelle « historiens » et qui s'intéressent essentiellement aux 5000 ans qui viennent de s'écouler, ont écrit beaucoup de livres sur les groupes de deuxième type qui ont disparu un jour. En général, ils s'en étonnent et n'en donnent jamais d'explications exhaustives.
Depuis 150 000 ans, il y a eu des millions de groupes et de sous-groupes de ces deux types mais tous avec des spécificités originales. A chaque fois joue la règle darwinienne: celui qui s'adapte continue à vivre et celui qui ne s'adapte pas, disparaît. Cela est vrai dans le lointain passé comme aujourd'hui.
Cette règle joue non pas au niveau de « la vie » ou du groupe. Elle se réalise au niveau d'un individu. C'est chaque humain en particulier qui chaque jour doit trouver ses ressources. Dans le groupe de premier type - celui qui est destiné à un bel avenir - il y a des individus qui ne les trouvent pas et qui, par conséquent, disparaissent. Mais, comme la majorité les trouve, le groupe prospère. Prenons un exemple plus proche de nous. La deuxième guerre mondiale a entraîné la disparition d'environ 50 millions d'humains. Cela n'a pas empêché les humains de passer de 2 milliards en 1930 à 4 milliards en 1975.
b) Supposons que les "français" descendent de 2000 humains présents dans la population des 150 000 humains sapiens au moment de leur spéciation.
Le titre de l'exposé est éthologie et éducation. Nous entendons beaucoup de gens dire que le progrès humain est dû en grande partie à l'éducation. Nous pensons plutôt que c'est l'évolution dont le moteur principal est le hasard qui est la cause, notamment, de l'augmentation exponentielle des humains depuis 10 000 ans. L'astéroïde qui a éliminé tous les dinosaures grands et moyens il y a 65 millions d'années a ouvert la voie aux mammifères et chez les mammifères aux primates que sont les humains.
Comment est-on passé des 2000 "français" hypothétiques aux millions actuels?
Voici un modèle théorique. Aujourd'hui, les 65 millions de Français représentent, en arrondissant, 1% de la population mondiale. Ramenés au 200 000 humains d'il y a 150 000 ans, cela fait 2 000 ancêtres hypothétiques.
Que constatons-nous?
C'est un groupe bien moins complexe que celui qui existe actuellement.
*). Les humains se maintiennent face à l'évolution des non-humains: tous les autres vivants – plantes et animaux – et tout le non-vivant qui fait l'histoire de la Terre et celle de l'Univers.
**). Mais il se maintient si bien qu'il s'est multiplié par un coefficient approximatif de 32 500 en ne cessant de développer toutes sortes de technologies humaines. Pour en faire la liste, il faudrait comparer le fonctionnement théorique d'un groupe de 2 000 personnes il y a 150 000 au fonctionnement de la « France » en 2011.Cette évolution exponentielle s'est donc réalisée grâce aux ressources que l'espèce à trouver sur son chemin et aux divers technologies - comportements éthologiques - qu'elle a pu inventer et qui lui ont permis de trouver toujours plus de ressources et des ressources de mieux en mieux adaptés comme par exemple dans le cas du mariage monogamique éternel.
***). Il faut ajouter que, du point de vue éthologique, pour un humain particulier, les enjeux d'adaptation ne sont ni plus difficiles ni plus aisés ni à cette époque ni tout au long des années qui se sont écoulées jusqu'à nos jours.
3) Mais alors quel rôle joue l'éducation?
Concept éthologique: éducation des humains.
Y a t il une éducation chez les vivants non-humains?
Nous nous heurtons ici à un préjugé tenace de beaucoup d'humains: il n'y aurait que les humains qui éduqueraient leurs petits. Avons-nous vu des animaux se rendre à l'école avec leurs sacs remplis de livres ou passer des examens, en un mot ressembler aux humains. Par définition, c'est impossible: il n'y a que les humains qui ressemblent aux humains. Donc personne n'a voulu donner de définition éthologique de l'éducation valable pour tous les vivants car on estime qu'elle n'existe pas et, par conséquent,on n'a pas d'argent à dépenser pour chercher des choses qui n'existent pas selon la règle bien connue: on ne trouve que ce que l'on cherche.
Et quand nous insistons qu'étant des êtres sociables, il faut comparer les humains aux autres animaux sociaux, la réponse est la même: il n'y a d'écoles ni chez les primates, ni chez les hyménoptères ni chez les termites.
Et pourtant nous voyons que très souvent chez les mammifères, les petits restent auprès de leur mère un temps plus ou moins long. Mais la réponse fuse: c'est parce que les petits ne savent pas se nourrir et qu'ils sont faibles donc à la merci de tous les prédateurs. Faisons abstraction du sac scolaire: les humains ne laissent-ils pas leurs enfants les quitter dès que ceux-ci ont acquis leur autonomie alimentaire – ils sont capables de subvenir à tous leurs besoins – et leur autonomie vitale – ils sont assez fort pour s'opposer aussi victorieusement que leur parents face à à leurs prédateurs ou leurs ennemis.
Nous conclurons donc qu'ils existent chez les non-humains une phase qui s'appelle éducation chez les humains à laquelle il faudra bien un jour donner le nom d'éducation chez tous les vivants.
Pourquoi l'éducation des humains est si différente de l'éducation des non-humains?
Les humains sont des animaux sociables. Les animaux non-humains le sont peu ou prou. Il faudrait faire une classification selon l'importance de cette caractéristique.
Beaucoup d'animaux vivent en groupes plus ou moins compact. On ne peut dire que c'est la dimension, ou le lieu de vie, ou l'importance du cerveau qui en est le discriminant. D'autant plus que les plantes sont également concernés. En fait Yahvé quand il a dit à son peuple choisi - « allez et multipliez-vous » - a été en tendu par tous les vivants et tous ont suivi son injonction. Les chênes tendent à créer des chêneraies, les sardines se protègent contre leurs prédateurs des mers en vivant en bancs extrêmement mobiles et les lapins ont envahi l'Australie, pour ne citer que quelques exemples.
Les mammifères manifestent également certains de nos traits: il y a une vie collective chez les éléphants et les primates.
Mais de vie sociable très développé qui rappelle un peu celle des humains, nous n'en trouvons que chez les hyménoptères sociaux et chez les termites. On y trouve une division du travail: la reine produit les enfants, les ouvrières les nourrissent, les mâles fournissent le sexe mâle, les soldats protègent les lieux de vies.
Mais à aucun moment nous n'y voyons l'amorce d'un apprentissage. L'évolution a créé la reine, les ouvrières et les soldats. Ils sortent tous les trois tels quels comme Athéna sortait armée et casquée du corps de son père Jupiter. Encore que nous savons qu'il y a quand même de la manipulation génétique: les œufs nourris de gelée royale deviennent des reines, d'autres deviennent des mâles et il faut croire que le même processus donne vie aux ouvrières ou aux soldats.
Si l'évolution avait doté les humains des mêmes pouvoirs, l'éducation serait inutile: toutes les professions sortiraient des incubateurs après qu'on les ait muni des ADN adéquats. Ce n'est plus une incongruité, c'est de la science fiction. Ou de l'histoire ancienne: la création des castes à pour origine de faire correspondre naissance et métier. Et depuis 2000 ans, nous assistons à un débat entre les démocrates qui souhaitent que tous les enfants humains aient la même chance de devenir président de la république et les monarchistes qui estiment qu'il est plus économique d'attribuer cette fonction héréditairement à une seule famille.
Nous en concluons que l'éducation de type humain existe chez les humains car l'évolution de leur espèce a trouvé dans cette technologie éthologique la bonne solution aux problèmes d'adaptation qui se présentaient à elle. Mais nous ne pouvons pas dire qu'il n'y a pas d'éducation chez tous les autres vivants.
L'héritage transmis aux enfants est porté par les parents en particulier et les adultes, en général. Si, par hasard, tout l'héritage matériel et tous les adultes venaient à disparaître soudainement il y aurait une gigantesque régression des humains.
Il n'y a pas de vie humaine mais uniquement des vivants humains, c'est au niveau de chaque humain que l'héritage est transféré. Il arrive, pour des raisons traçables théoriquement - la traçabilité à la seconde n'existe pas encore si elle doit exister un jour - qu'il y ait un ratage de transfert d'héritage à la suite d'évènements critiques comme la mort prématurée des parents, l'abandon des enfants et bien d'autres cas complexes qui interviennent tout au long de la vie. Le hasard fait que les conséquences peuvent être positives ou négatives.
Prenons l'exemple des personnes que l'on considère comme délinquantes. Contre ces humains, les autres humains, qui craignent leur comportement, développent une attitude de plus ou moins grand rejet mais aux yeux de l'éthologie, cette personne est « normale ». Elle entre dans le schéma darwinien d'adaptation avec, cependant, un handicap supplémentaire, celui du rejet. Selon ses forces et ses compétences, elle choisira une solution qui la sortira du rejet ou qui l'y maintiendra. Dans ce cas, non plus, il n'y a pas déterminisme: ce n'est que lors de sa disparition que l'on pourra faire un bilan.
Conclusion
Il y a chez les 65 millions de « français », un grand nombre d'éducateurs de toutes sortes – par profession ou par vocation. Mais l'adaptation d'un humain sapiens actuel grâce à l'acquisition des ressources de vie et de reproduction fonctionne selon les mêmes règles fondamentales que celles qui existaient il y a 150 000 ans.
Cela est vrai tout autant pour toutes les espèces vivantes. Sous-jacente et avec une périodicité plus étendue, l'évolution amène des modifications dont la somme nous donne la phylogénie des vivants depuis leur apparition.
Certains se demandent pourquoi et comment 150 000 individus qui comportaient peu de variations interindividuelles il y a 200 000 ans ont donné naissance à des civilisations et à des apparences si variées. Il s'est passé naturellement chez les humains ce qui s'est passé artificiellement lors de la domestication de certains animaux après l'apparition de l'agriculture il y a 10 000 ans. Il y a dans chaque espèce une plasticité qui permet des variations importantes sans changer d'espèce. Le loup domestiqué par l'humain donne d'un côté, le chihuahua, et, de l'autre, le saint bernard. Et l'humain face à un ensoleillement variable et différent donne le pâle européen, l'asiatique aux yeux bridés et le noir africain. Ce n'est là qu'un exemple parmi des milliers qui concernent toutes les technologies inventées par les humains. L'éthologie est déterminante et l'éducation, n'est qu'une technologie parmi d'autres.